On connaît désormais toutes les affiches des 8èmes de finales. Si plusieurs places ont été arrachées au dernier moment sur le terrain, d’autres étaient déjà pratiquement acquises pour certaines équipes. Retour sur cette troisième semaine de Coupe du monde.

Nigeria 0-1 France (Groupe A)
But : Renard

Cette France-là ne se retrouvera pas à Lyon le 7 juillet. Parce que si le VAR était là pour donner un coup de pouce aux Bleues et leur offrir la victoire face au Nigeria, il ne sauvera pas tout le temps leur manque de réalisme et de justesse. Parce que si 4 tirs cadrés sur plus d’une vingtaine ratés suffisent à enflammer le Roazhon Park, il en faudra beaucoup plus en 8èmes pour continuer à séduire les fans français et convaincre les sceptiques du foot féminin en général. Il y avait sans aucun doute faute sur Viviane Asseyi, clairement bousculée dans la surface de réparation, et le VAR est venu confirmer ce penalty indiscutable à moins de 15 minutes de la fin. Mais lorsque Wendie Renard a manqué de le convertir en trouvant le poteau, c’est encore le VAR qui sauve la Lyonnaise. La raison : Nnadozie, l’excellente gardienne de but du Nigeria n’avait pas un pied sur sa ligne au moment de la frappe. Au final, Renard s’est rachetée de son but contre son camp (face à la Norvège) et offre, sur son deuxième essai, un sans-faute historique à la France, qui n’avait jamais remporté tous ses matchs de poules en Coupe du monde. On ne peut qu’espérer qu’au prochain tour, dimanche au Havre, on retrouvera les mêmes Bleues qui nous ont fait réver lors du match d’ouverture, plutôt que celles contre le Nigeria.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Wendie Renard
Véritable joueuse du match : Le VAR … ou plus sérieusement, Chiamaka Cynthia Nnadozie (gardienne de but du Nigeria)

Corée du Sud 1-2 Norvège (Groupe A)
Buts : Graham Hansen, Herlovsen (Norvège), Yeo M.-Ji (Corée)

Etait-ce un relâchement de la part de la Norvège qui savait qu’un match nul lui suffisait pour prendre la deuxième place du Groupe A ? Ou une rébellion de dernière minute de la Corée du Sud qui ne voulait pas partir les mains vides de leur séjour en France ? Quelle que soit la raison, on n’avait jamais vu les Coréenne attaquer autant depuis le début du Mondial. Leurs efforts ont même été récompensés en toute fin de match grâce à un but de Yeo Min-Ji trouvée suite à une très belle talonnade de Lee Geum-Min en plein milieu de la surface de réparation. La Norvège a bénéficié de deux penaltys, le premier transformé par Caroline Graham Hansen, et le deuxième obtenu grâce à elle. La mauvaise nouvelle c’était de la retrouver juste après le match, en béquilles, blessée à la cheville sur cette faute qui mène au 2-0. La bonne, c’est que la nouvelle recrue du FC Barcelone avait le sourire aux lèvres, confiante qu’elle serait rétablie d’ici samedi, pour leur 8ème de finale.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Caroline Graham Hansen
Véritable joueuse du match : Caroline Graham Hansen

Chine 0-0 Espagne (Groupe B)

La victoire n’était pas vraiment nécessaire, que ce soit pour l’Espagne ou pour la Chine. On aurait même dit que les deux nations voulaient s’offrir mutuellement ce match nul. Quoi qu’il en soit, la suite qui attend La Roja s’annonce ambitieuse et à la fois historique : une qualification inédite pour les phases éliminatoires de Coupe du monde. Pendant toute la rencontre, les Espagnoles, menées par Jenni Hermoso, ont tout de même poussé pour tenter de construire des actions, sans réellement aller effrayer l’excellente gardienne chinoise aux multiples parades, Shimeng Peng. Au final ce 0-0 arrange bien les affaires de toute le monde. L’Espagne et la Chine finissent qualifiées pour la suite, au grand bonheur du sélectionneur Xiuguan Jia qui en a versé des larmes de joie en fin de rencontre.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Shimeng Peng
Véritable joueuse du match : Shimeng Peng

Afrique du Sud 0-4 Allemagne (Groupe B)
Buts : Leupolz, Daebritz, Popp, Magull

Un sans-faute pour l’Allemagne. Elles ont enfin convaincu et prouvé d’où venait leur statut de favorites : leur efficacité offensive. Pourtant les deux premiers matchs de groupes étaient inquiétants pour Alexandra Popp et les siennes, qui avaient eu à chaque fois beaucoup de mal à asseoir leur domination que ce soit face à la Chine ou à l’Espagne. Mais contre l’Afrique du Sud, même la capitaine a marqué son premier but dans cette Coupe du monde. Elle qui attendait impatiemment d’ouvrir son compteur alors qu’elle n’avait plus trouvé le fond des filets depuis le dernier match amical de préparation de l’Allemagne (2-0 face au Chili). La 2ème nation au classement FIFA récupère donc cette 1ère place du Groupe B qui lui était promise, alors que l’Afrique du Sud termine au pied du tableau. Les Bayana Bayana sortent de la compétition avec aucune victoire, mais garderons en tête leurs toutes premières minutes du Mondial, durant lesquelles elles avaient ouvert le score face à l’Espagne.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Sara Daebritz
Véritable joueuse du match : Sara Daebritz

Italie 0-1 Brésil (Groupe C)
But : Marta

C’est fait, Marta vient de devenir la personne la plus prolifique de l’histoire de la Coupe du monde de la FIFA. En marquant sur penalty face à l’Italie, la numéro 10 brésilienne a inscrit sa 17ème réalisation (en 5 participations), soit une de plus que l’Allemand Miroslav Klose. Un moment ironiquement célébré en pointant ses chaussures portées spécialement pour l’occasion : la Brésilienne a refusé tout contrat de sponsorship avant la Coupe du monde pour pouvoir arborer des crampons frappés du symbole “Equal”, pour l’égalité hommes-femmes. Au-delà de son caractère historique et fortement symbolique, ce but a surtout qualifié le Brésil en 8èmes de finales, en accrochant la 3ème place du Groupe C. Cette défaite ne changera rien pour l’Italie, qui s’était déjà pratiquement assurée la première place la semaine dernière (5-0 contre la Jamaïque). Mais pour le Brésil, la prochaine étape risque d’être plus compliquée, alors que cette troisième place leur promettait un duel face à la France au prochain tour.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Marta
Véritable joueuse du match : Marta

Jamaïque 1-4 Australie (Groupe C) 
Buts : Kerr x4 (Australie), Solaun (Jamaique)

C’est comme si elle le savait. Comme si quelque chose en Sam Kerr l’a poussé à marquer le plus de buts possible contre la Jamaïque. Comme si c’était son instinct qui lui avait dit de suivre cette passe en retrait vers la gardienne, qui après avoir manqué son contrôle, a permis à la capitaine australienne de marquer son 4ème but. Parce qu’à ce moment-là, l’attaquante des Chicago Red Stars ne pouvait pas savoir que le Brésil venait d’ouvrir le score dans l’autre rencontre, et qu’il ne suffisait que d’un but de plus pour que l’Australie ne lui pique la 2ème place du Groupe C. Sam Kerr a survolé la rencontre (dans tous les sens du terme, à l’image de ces deux réalisations de la tête) en inscrivant 4 buts qui la propulsent dans le haut du classement des buteuses de la Coupe du monde (à égalité avec Alex Morgan). Elle est, au passage, devenue la première Australienne, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, à avoir inscrit un hat-trick (ou mieux) en Coupe du monde. Une chance que la France n’ait pas à croiser son chemin tout de suite.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Sam Kerr
Véritable joueuse du match : Sam Kerr

Japon 0-2 Angleterre (Groupe D) 
Buts : White x2

Sans aucune doute, cette équipe d’Angleterre fait partie des prétendantes les plus sérieuses au titre. Elle l’a confirmé contre le Japon dans ce qui avait été annoncé comme le choc du Groupe D. La rencontre a largement penché en faveur des Three Lionesses qui ont dominé la partie de bout en bout. Ellen White, toujours au bon endroit au bon moment, a fait parler ses qualités de finisseuse et a inscrit son 3ème but du Mondial. L’attaquante de Manchester City aurait même pu s’offrir un hat-trick si les nombreuses occasions anglaises n’avaient pas été stoppées par une Ayaka Yamashita en pleine forme dans les cages japonaises. La seule mauvaise nouvelle pour l’Angleterre, et même pour la Coupe du monde, c’est que les joueuses de Phil Nevill se retrouvent, en s’emparant de cette première place du groupe, dans la partie de tableau où elles devront peut être affronter la France ou les Etats-Unis pour pouvoir arriver jusqu’en finale le 7 juillet.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Ellen White
Véritable joueuse du match : Ellen White

Ecosse 3-3 Argentine (Groupe D)
Buts : Little, Beattie, Cuthbert (Ecosse), Ménendez, Alexander (csc), Bonsegundo (Argentine)

Une véritable montagne russe d’émotions. Cette affiche, qui ne s’annonçait pas plus passionnante que celà sur le papier, nous a offert l’une des rencontres les plus intenses de la Coupe du monde. L’Ecosse, menée par une Erin Cuthbert intenable et auteure de son plus beau match de la compétition, touchait du bout des doigts un immense espoir de qualification alors qu’elle menait 3-0 à 20 minutes de la fin. Puis arriva la 74ème minute qui a tout fait basculer. Sur une contre-attaque rapide, Menéndez (dont le prénom, Milagros, signifie “miracles”, comme par hasard) est allée inscrire un but qui à ce moment avait un goût simplement anecdotique. Mais lorsque la frappe de Bonsegundo a été déviée sous sa propre barre transversale par la gardienne écossaise Alexander, le match a soudain pris une allure totalement différente. A dix minutes de la fin, avec un score réduit à 3-2, l’Argentine n’avait plus rien à perdre et tout à espérer. Sur l’une des nombreuses actions de l’Albiceleste le tacle de Howard sur Cometti a été considéré comme une faute par le VAR. Et lorsque Bonsegundo a manqué son premier tir et que l’Ecosse se croyait tirée d’affaire, c’est une nouvelle fois le VAR qui lui a offert une seconde chance pour aller arracher le nul. Au final, plus de 15 minutes d’émotions tellement fortes que le public du Parc des Princes n’a même pas entendu le coup de sifflet final qui signifiait que l’Ecosse était éliminée et que les joueuses argentines devaient attendre le lendemain pour savoir si elle pouvait passer en 8èmes, ou rentrer chez elles.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Erin Cuthbert
Véritable joueuse du match : Erin Cuthbert

La petite anecdote en plus : Lorsque Erin Cuthbert a marqué le but du 3-0 pour l’Ecosse, elle l’a célébré en montrant une photo d’elle plus jeune. Après le match, elle a expliqué que son père lui avait offert cette photo et y avait écrit au dos : “Fais le pour cette petite fille qui avait un rêve, qui s’est entrainée et entrainée, jusqu’à ce qu’il devienne réalité”.

Pays-Bas 2-1 Canada (Groupe E)
Buts : Dekker, Beerensteyn (Pays-Bas), Sinclair (Canada)

Une belle rencontre de football comme on les aime. C’est ce qui était annoncé par cette affiche entre deux grandes nations du football féminin. La promesse a été tenue par les Pays-Bas et le Canada qui se battaient pour décrocher la première place du Groupe E. Surtout en seconde mi-temps. Les deux pays ont fait presque jeu égal, enchaînant les actions de parts et d’autres de la pelouse du Stade Auguste-Delaune. C’est uniquement après la pause que Dekker a marqué pour les Oranjes. L’icône canadienne, Christine Sinclair, a ensuite enfin trouvé le fond des filets d’un très beau tacle glissé reprenant un centre au second poteau parfaitement dosé par Lawrence. Mais c’est le coaching gagnant de Sarina Wiegman, avec l’entrée en jeu de Beerensteyn, qui a apporté une dernière touche de fraîcheur aux offensives néerlandaise pour arracher les trois points. Désormais présentes dans une partie de tableau sans l’Angleterre, les États-Unis ou la France, les Pays-Bas viennent de prendre d’un coup, une bonne option pour arriver jusqu’en finale.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Christine Sinclair
Véritable joueuse du match : Ashley Lawrence (attaquante, Canada)

Cameroun 2-1 Nouvelle-Zélande (Groupe E) 
Buts : Nchout x2 (Cameroun), Awona (csc) (Nouvelle-Zélande)

Ajara Nchout est devenue l’héroïne de toute une nation. Alors que tout le monde s’attendait à ce que la Nouvelle-Zélande aille récupérer les trois points de la victoire face au Cameroun, Nchout en a décidé autrement. Surtout dans les arrêts de jeu, en toute fin de rencontre, quand elle dispose de la défense néo-zélandaise de plusieurs coups de crochets avant d’aller terminer son action solo d’une frappe enroulée pleine lucarne. Un sang froid incroyable alors que son équipe était éliminée suite à l’égalisation contre son camp de Awona. D’un coup, l’équipe africaine s’est invitée là où personne ne les attendait, en 8èmes de finales aux côtés de l’Angleterre. Place donc à un combat de lionnes entre les Indomptables camerounaises et les Three Lionesses.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Ajara Nchout
Véritable joueuse du match : Ajara Nchout

Thailande 0-2 Chili (Groupe F)
Buts : Boonsing (csc), Urrutia (Chili)

Il aurait suffit que Francisca Lara inscrive son penalty à 5 minutes de la fin pour que le Chili comble sa différence de buts avec le Nigéria et obtienne sa place parmi les meilleurs troisièmes. Mais la pression semblait trop grande, et au lieu de la qualification, c’est la barre transversale que Lara a trouvée. Malgré une victoire méritée et une belle prestation, encore une fois, de leur gardienne Christiane Endler, le Chili rentre chez lui. La Thailande aussi. Entre temps, les Nigeriannes ont fêté comme il se doit, en explosant de joie dans les couloirs de leurs hotel, leur qualification au prochain tour.

La petite anecdote en plus : Le penalty manqué de Lara était le 5ème raté de cette édition de la Coupe du monde (13 marqués sur 18 tirés), soit un échec de plus que durant l’intégralité de la compétition en 2015 (18/22).

Joueuse du match nommée par la FIFA : Maria Jose Urrutia
Véritable joueuse du match : Pour la dernière fois, Christiane Endler (gardienne de but du Chili)

Suède 0-2 Etats-Unis (Groupe F)
Buts : Horan, Andersson (csc)

« On va encore monter en puissance ». Les mots de Rose Lavelle, milieu de terrain des Stars and Stripes ont de quoi faire trembler les autres nations. À commencer par l’Espagne. Et pourquoi pas, en quart de finale, la France. On aurait dit que l’aura des Championnes du monde en titre avait déjà paralysé la sélection Suédoise qui était censée représenter le premier défi pour la défense des USA. Les scandinaves ont eu l’air pétrifiées d’entrée de jeu, surprises par le corner tiré très bas au premier poteau par Rapinoe, dévié par Mewis pour Horan, libre de tout marquage. D’une ancienne Parisienne à l’autre, c’est ensuite Tobin Heath est qui est allée faire des tours de magie dans la surface de réparation pour placer un ballon d’un angle impossible sous la transversale suédoise. Un but qui lui sera finalement « volé », touché du bout de l’orteil par Andersson. En face, le peu de tentatives d’attaques d’Asllani et les siennes ont toutes été stoppées, lorsqu’elles venaient du couloir droit, par l’impeccable Crystal Dunn. Il en faudra donc plus à l’Espagne pour faire tomber une équipe américaine qui semble encore plus forte qu’elle ne l’était déjà en 2015.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Tobin Heath
Véritable joueuse du match : Crystal Dunn (défenseure, USA)


Le tableau final : 

Tableau final Coupe du monde féminine 2019 - Huitièmes de finales