Dès jeudi prochain, on connaîtra toutes les affiches des 8èmes de finales. En attendant, beaucoup de nations ont déjà réussi à se qualifier ou mettre un pied en phases éliminatoires dès leur second match de poules, alors que d’autres vont jouer leur avenir dans la compétition pendant le dernier match. Retour sur cette deuxième semaine de Coupe du monde.

Nigeria 2-0 Corée (Groupe A)
Buts : De-Yeon Kim (csc), Oshoala

La Corée du Sud n’a pas su se relever de sa lourde défaite en match d’ouverture face au pays hôte (4-0 contre la France). Ce sont pourtant elles qui ont marqué en premier… mais dans le mauvais but. En début de rencontre, Do-Yeon Kim tacle un ballon dans ses propres filets et permet au Nigeria de prendre l’avantage à la pause. En seconde mi-temps, c’est surtout l’incroyable gardienne de but des Super Falcons, Nnadozie qui a brillé. A 19 seulement, titularisée pour la première fois en Coupe du monde, c’est grâce à ses nombreuses parades que son équipe à su résister aux attaques coréennes. Le Nigeria s’est montré combatif, à l’image du second but signé Asisat Oshoala. Très bien servie dans l’axe par l’impressionnante Chidinma Okeke, l’attaquante du FC Barcelone s’est amusée à aller dribbler la gardienne avant de creuser l’avantage des siennes en fin de rencontre. Les Super Eagles sont visiblement un adversaire qu’il ne faut pas prendre à la légère, surtout pour la France lundi soir.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Asisat Oshoala
Véritable joueuse du match : Chiamaka Cynthia Nnadozie (gardienne de but du Nigeria)

France 2-1 Norvège (Groupe A)
Buts : Gauvin, Le Sommer (France), Renard (csc) (Norvège)

Le choc du Groupe A a tenu toutes ses promesses : du suspense, des rebondissements et de l’intensité. La victoire des Bleues, c’est au mental qu’elles sont allées la chercher. Parce qu’il faut dire que ce match a dû faire peur à plus d’une personne. Pendant toute la première mi-temps, le cruel manque de réalisme et de finition face aux buts était très loin de la réussite de la France contre la Corée. Au contraire, il a fallu attendre la première minute de la second mi-temps pour que Gauvin reprenne enfin du gauche, sans réfléchir, un centre de Majri au point de penalty. Cette fois l’explosion de joie des Françaises était différente que celle contre la Corée. Soulagées. Jusqu’à ce que Wendie, héroïne du premier match des Bleues, glisse le ballon au fond de ses propres filets pour permettre à la Norvège d’égaliser. C’est sa coéquipière à Lyon et amie, Eugénie Le Sommer, qui ira convertir, pleine de confiance et d’un calme déconcertant, le penalty obtenu après visionnage du ralenti par l’arbitre. La numéro 9 des Bleues se rapproche encore plus du record de buts de Marinette Pichon en sélection nationale (81 réalisation, 76 pour Le Sommer) et s’est montrée une nouvelle fois décisive. Pour leur prochaine rencontre face au Nigéria, elles devront montrer plus de réalisme et confiance en elles devant les buts d’entrée de jeu. C’est d’ailleurs ce que pensent les Bleues elles-mêmes :

Joueuse du match nommée par la FIFA : Valérie Gauvin
Véritable joueuse du match : Griedge MBock (impériale en défense)

Allemagne 1-0 Espagne (Groupe B)
But : Daebritz

Encore une prestation mitigée des Championnes Olympiques. Les favorites allemandes, privées de leur pièce maîtresse au milieu de terrain, Dzsenifer Marozsan, se sont heurtées à une sélection Espagnole surprenante de créativité, de talent, et pleine de promesses. Si seulement Garcia n’avait pas manqué sa reprise, seule face au but à la 14ème. Si seulement Meseguer avait trouvé le cadre sur sa puissante frappe quelques minutes plus tôt. Et si seulement Torrejon s’était précipitée avec plus de conviction sur le ballon relâché par sa gardienne suite à une tête de Popp, assez vite pour que Daebritz ne puisse pas surgir d’un tacle glissé dans son dos et inscrire le but allemand. La rencontre aurait pu être totalement différente. Mais voilà, au final c’est l’Allemagne qui gagne encore un match où elle n’a vraiment pas convaincue. L’Espagne devra montrer plus d’efficacité face au but si elle veut décrocher la deuxième place du Groupe B au dépend de la Chine.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Sara Daebritz
Véritable joueuse du match :
Svenja Huth (à l’origine de chacune des actions dangereuses de l’Allemagne)

Afrique du Sud 0-1 Chine (Groupe B) 
But : Li Ying

Devant une masse de supporters vêtus de rouge, déchaînés d’une façon très bien organisée dans les tribunes du Parc des Princes, la Chine s’est rattrapée. Elles qui avaient perdu leur premier match face à l’Allemagne (1-0) en ayant fait preuve de manque de réalisme devant les buts, ont cette fois réussi à arracher cette victoire contre l’Afrique du Sud. Mais leur faiblesse dans les derniers gestes de finition s’est encore fait ressentir. La milieu de terrain chinoise Gu Yasha a passé sa soirée à placer de magnifiques centres millimétrés dans la surface de réparation pour ses coéquipières qui n’ont jamais su trouver le bon timing pour placer leurs têtes. C’est finalement Li Ying qui reprendra du tibia un centre venu cette fois de Rui Zhang pour tromper la gardienne sud-africaine avant la pause. Les Bayana Bayana se sont finalement réveillées en seconde mi-temps, et ont joué sur leur point fort, les contre attaques très rapides. Mais aucune d’entre elles n’a abouti pour éviter aux joueuses d’enchaîner leur seconde défaite en deux matchs. La Chine ira disputer la “finale” pour la seconde place du Groupe B face à l’Espagne.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Li Ying
Véritable joueuse du match : Gu Yasha

Australie 3-2 Brésil (Groupe C) 
Buts : Marta, Cristiane (Brésil), Foord, Logarzo, Monica (csc) (Australie)
Un come-back comme on les aime : surprenant, inattendu et controversé. Le match Australie-Brésil nous a apporté la première montagne russe du Mondial. La soirée semblait pourtant parfaite pour les Brésiliennes. Marta venait d’inscrire (sur penalty) son 16ème but dans l’histoire de la compétition (elle a marqué durant chacune des 5 dernières éditions, un record qui confirme encore plus sa légende). Cristiane a ensuite, de la tête, porté son compteur à 4 réalisations en deux rencontres. 2-0 pour le Brésil. Mais cela n’a pas suffi. Caitlin Foord est allée donner un second souffle aux Aussies juste avant la pause. Pleine d’espoir, la sélection Australienne a rapidement égalisé au retour des vestiaires par le biais de Logarzo, avant de pousser le Brésil à la faute sur une tête contre son camp de Monica. Un but qui a dû être validé par la VAR : Sam Kerr, hors-jeu sur le centre repris dans ses propres filets par la capitaine brésilienne, n’était pas pleinement impliquée dans l’action d’après l’arbitre, et n’était plus hors-jeu au moment de la tête de Monica. Cette décision, justifiée ou non, fera sûrement parler les Brésiliennes longtemps. Longuement critiquées après leur première défaite face à l’Italie, les Aussies se sont relevées grâce à cet incroyable come-back. La capitaine, Sam Kerr, y a d’ailleurs répondu de façon très claire dans une interview d’après match. Traduction : “Il y a eu beaucoup de critiques nous concernant, mais voilà, on est de retour. Vous l’avez dans le …”. Pas de pitié en Coupe du monde.

Joueuse du match nommée par la FIFA : Chloe Logarzo
Véritable joueuse du match : Chloe Logarzo

Jamaïque 0-5 Italie (Groupe C)
Buts : Girelli (x3), Galli (x2)

C’est la petite nation que personne n’attendait mais qui fait pourtant sensation pendant ce Mondial. Après avoir montré une détermination folle en allant battre l’Australie dans les arrêts de jeu (2-1), l’Italie continue son parcours sans-fautes dans la compétition. Cette fois, face à la Jamaïque, elle a montré qu’elle était capable de dominer un match de bout en bout. Impeccable de réalisme offensivement, beaucoup mieux que face à l’Australie, les Italiennes ont trouvé le fond des filets à 5 reprises. Girelli est devenue la seconde Italienne à marquer un hat-trick en Coupe du monde, aidée par les mauvaises sorties de la gardienne jamaicaine. C’est ensuite Galli qui a pris le relai en seconde mi-temps. Entrée en jeu à la 65ème, il n’a fallu que quelques minutes à la milieu de terrain de la Juve pour déclencher une puissante frappe pleine lucarne, puis s’offrir un doublé en duel face à Schneider. Cette deuxième victoire confirme la qualification de l’Italie qui s’emparera surement de la première place du Groupe C, et essayera de confirmer son statut de surprise du Mondial face au Brésil.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Aurora Galli
Véritable joueuse du match : Aurora Galli

Japon 2-1 Ecosse (Groupe D)
Buts : Iwabuchi, Sugasawa (Japon), Clelland (Ecosse)

Un air de déjà vu pour l’Ecosse. Comme face à l’Angleterre durant leur premier match, il a fallu qu’elles soient menées 2-0 avant de se réveiller et de se transformer totalement en seconde mi-temps. Une superbe frappe d’Iwabuchi, suivie d’un penalty converti par Sugasawa ont permis au Japon, vice championnes du monde, de se rassurer par rapport à leur match vide de buts face à l’Argentine (0-0). Menées au score, c’est à ce moment que l’équipe d’Ecosse, jusque-là fantomatique, décide de se révolter. C’est un visage totalement différent qu’elles ont montré au retour des vestiaires, en enchaînant plusieurs actions dangereuses. Cuthbert a fait parler son talent, et l’entrée en jeu de Emslie (qui a étonnement débuté sur le banc de touche), a poussé les Écossaises à presque espérer décrocher le match nul. En plus du très beau but signé Clelland, une main japonaise n’a pas été sifflée dans la surface de réparation. L’Ecosse doit impérativement remporter son prochain match si elle souhaite peut-être se retrouver parmi les meilleurs 3èmes.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Mana Iwabuchi
Véritable joueuse du match : Mana Iwabuchi

Angleterre 1-0 Argentine (Groupe D)
But : Taylor

Parris en fera des cauchemars pendant longtemps. L’équipe d’Angleterre aussi. L’excellente gardienne de but argentine, Vanina Correa, a rendu la vie impossible aux Three Lionesses. Pas du tout aidée par sa défense qui faisait passer presque toutes les attaques anglaises, Correa a dû prendre les choses en main pour garder son équipe en vie. Elle a enchaîné les parades et incroyables gestes réflexes venus de nulle part, notamment sur ce penalty tiré par Nikita Parris en début de rencontre. On ne peut même pas lui reprocher le but inscrit par Jodie Taylor, laissée absolument seule au point de penalty par sa défense, pour reprendre un centre bien dosé de Beth Mead. Élue à juste titre joueuse du match, Correa laisse loin derrière elle la Coupe du monde 2007 où elle avait encaissé 18 buts en 3 matchs. Mais la victoire sera impérative pour les siennes si elle souhaite continuer à enchainer les parades sur les pelouses de France.  
Joueuse du match nommée par la FIFA : Vanina Correa
Véritable joueuse du match : Vanina Correa

Pays-Bas 3-1 Cameroun (Groupe E)
Buts : Miedema (x2) (Pays-Bas), Oguene (Cameroun)

Face à une véritable vague orange de supporters, amoureux de leur sélection depuis leur victoire à l’Euro 2017 à domicile, les Pays-Bas ont décroché leur billet pour les 8èmes de finales. La pépite néerlandaise, Vivianne Miedema, a enfin inscrit ses 59ème et 60ème buts sous le maillot Oranje (en 77 sélections). A même pas 23 ans, l’attaquante d’Arsenal devient la meilleure buteuse de l’histoire de la sélection féminine, et dépasse le record de Manon Melis (59 réalisations en 136 apparitions). Face au Cameroun, elle a d’abord été servie par Van De Sanden pour ouvrir le score de la tête, avant de montrer toute l’étendue de sa puissance en inscrivant le but du 3-1 en fin de rencontre. Entre temps, Oguene avait égalisé suite à un bel exploit individuel, rapidement oublié par le but de Bloodworth juste après la pause.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Vivianne Miedema
Véritable joueuse du match : Vivianne Miedema

Canada 2-0 Nouvelle-Zélande (Groupe E)
Buts : Fleming, Prince

70% de possession de balle, 22 tirs (contre 2 pour la Nouvelle-Zélande), et seulement deux buts marqués. Le Canada aurait pu faire beaucoup mieux face aux Néo-zélandaises. Surtout que Christine Sinclair attend encore de pouvoir faire partie du club très fermé des joueuses ayant marqué durant 5 Coupes du monde. Elle est toujours aussi “loin” (à 3 buts) du record du monde de buts inscrits en sélection nationale féminine, détenu par l’Américaine Abby Wambach (184 réalisations). Ayant loupé toutes les occasions qu’elle a eu, l’attaquante des Portland Thorns a laisser Nichelle Prince faire le travail. Délivrant une passe décisive en début de seconde période à Fleming, l’excellente ailière canadienne est ensuite allée inscrire le but du 2-0, reprenant une tête manquée de… Sinclair. En tout cas cette qualification est historique pour le Canada : c’est la première fois que l’équipe parvient à passer au tour suivant lors d’une Coupe du monde en dehors du continent américain.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Jessie Fleming
Véritable joueuse du match : Nichelle Prince

Suède 5-1 Thailande (Groupe F)
Buts : Sembrant, Asllani, Rolfo, Hurtig, Rubensson (Suède), Sung-Ngoen (Thailande)

Oui. La Thailande a marqué. C’est surtout ca que l’on peut retenir de ce match qui était “gagné d’avance” pour la Suède. Et il faut dire que ce but a été célébré comme une victoire par la valeureuse équipe thaïlandaise. Par le biais de leur capitaine, Kanjan Sung-Ngoen, auteur d’une course folle terminée par une frappe puissante dès son entrée dans la surface de réparation, alors qu’elles étaient menées 4-0, elles s’offrent un petit lot de consolation et de quoi sourire, ou même pleurer de joie pour le staff du banc de touche. Après la lourde défaite historique face aux Etats-Unis (13-0) et une nouvelle fois contre les Suédoises, la Thaïlande est surtout devenue l’équipe ayant concédé le plus de buts en une Coupe du monde, à égalité avec l’Argentine de 2007 (18 buts encaissés). De son côté, la Suède a fait le plein de confiance avant ce qui devrait être leur rencontre la plus compliquée pour l’instant : la finale pour la première place du groupe face aux Etats-Unis.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Kosovare Asllani
Véritable joueuse du match : Kosovare Asllani, avec mention spéciale à la capitaine thailandaise, Kanjan Sung-Ngoen

Etats-Unis 3-0 Chili (Groupe F)
Buts : Lloyd (x2), Ertz

L’équipe B des USA a fait le boulot. Que ce soit pour reposer ses titulaires habituelles avant le choc face à la Suède, ou remettre en confiance certaines joueuses très précieuses sur le banc de touche, Jill Ellis a décidé d’aligner seulement 5 joueuses de son 11 titulaire habituel. Même ses remplaçantes durant cette rencontre (Jessica McDonald ou Allie Long), n’ont pas souvent l’habitude de rentrer sur le terrain, alors que Morgan, Rapinoe, O’Hara ou Heath ont chauffé le banc de touche pendant 90 minutes. Le score et la physionomie du match contre le Chili prouvent une nouvelle fois la qualité de chacune des 23 Américaines, et le casse-tête que doit subir leur coach à chaque match. Parce que lorsque Lloyd marque un doublé (malgré un penalty raté), et que Press illumine tout le terrain à chaque fois qu’elle touche un ballon, ce n’est pas facile de décider de les laisser de côté pour le match suivant. Et encore, si elles n’étaient pas tombées face à une gardienne de but chilienne de classe mondiale, le score aurait pu être encore pire. Les duels entre Christen Press et Christiane Endler ont régalé le Parc des Princes en seconde mi-temps et rendu cette rencontre encore plus folle qu’elle ne l’était déjà. Sans surprise, les Etats-Unis se sont donc qualifiés pour la suite, et risquent bien de saisir une première place du Groupe F qui rapproche encore plus l’optique d’un passionnant mais déchirant France-USA en quart de finales, dans ce même stade parisien.  
Joueuse du match nommée par la FIFA : Christiane Endler
Véritables joueuses du match : Christiane Endler et Christen Press (attaquante des USA)


RAPPEL

Les équipes qualifiées :

France, Allemagne, Italie, Angleterre, Pays-Bas, Japon, Canada, Etats-Unis et Suède.

Les classements des groupes :