Comme Alex Morgan en 2011 ou Lieke Martens à l’Euro 2017, certains talents peuvent être des superstars dans leurs pays et finir par enfin exploser aux yeux du monde pendant de grands rendez-vous internationaux. Cet été sera l’occasion pour certaines joueuses déjà prometteuses ou indispensables en club, d’enfin montrer de quoi elles sont capables sur la scène internationale face aux meilleures équipes du monde.

Mallory Pugh (Etats-Unis)

Si les Etats-Unis ne disposaient pas du trio de choc d’attaquantes (formé d’Alex Morgan, Megan Rapinoe et Tobin Heath), Mal Pugh serait titularisée à chaque match. Pour l’instant, elle se contente de son rôle de « super-sub », comprenez « joker du banc de touche », que tout le monde voudrait compter parmi ses remplaçantes. Elle est, comme Christen Press (qui aurait pu tout aussi bien faire partie de cette liste), l’arme secrète des USA.

Dès ses entrées en jeu, Pugh apporte ce qui manque parfois à l’attaque américaine : de la fraicheur et de la vivacité. A titre d’exemple, à elle seule, elle a réussi à achever l’Australie lors d’un match amical où elle a inscrit un doublé juste après son entrée en jeu (victoire 5-3).

A seulement 21 ans, elle compte déjà 57 sélections en équipe nationale (dont 43 titularisations). Capitaine des USA lors de leur campagne durant la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2016, l’attaquante des Washington Spirit a fait son appairtion chez les séniors plus tard la même année à l’occasion d’un match amical contre l’Irlande (5-0). Pugh y a remplacé Alex Morgan à l’heure de jeu, pour aller inscrire son tout premier but en équipe nationale quelques minutes après seulement. Elle représente l’exemple parfait de l’impressionnante qualité du banc de touche des Etats-Unis durant cette Coupe du monde.

Delphine Cascarino (France)

Jeune espoir du foot français, la championne du monde des moins de 17 ans (2012) a réussi à se faire une place au sein du groupe de l’Olympique Lyonnais malgré une forte concurrence à son poste d’attaquante. Delphine Cascarino est parvenue à s’intégrer petit à petit depuis son arrivée au club en 2015, aux côtés de grands noms du football tels que Ada Hegerberg, Amandine Henry ou Dzsenifer Marozan.

En équipe de France, la sélectionneuse Corine Diacre a rapidement compris ce que la Lyonnaise pouvait apporter. A l’image de sa titularisation en amical face aux USA en janvier (victoire 3-1) : elle a pris de vitesse tout le couloir droit américain avant d’aller délivrer une passe décisive à Kadidiatou Diani. Elle s’est ensuite transformée en buteuse en inscrivant un impressionnant doublé récemment contre le Danemark (victoire 4-0), avec notamment une superbe demi-volée en seconde période.

C’est sa justesse technique et sa vitesse dans ses courses et dribbles qui lui ont valu sa place parmi les 23 sélectionnées pour le Mondial. Avec Eugénie Le Sommer, indispensable sur le côté gauche de l’attaque, et Valérie Gauvin qui prendra peut-être la place d’avant-centre, la titularisation de Cascarino durant la Coupe du monde dépendra de la présence ou non de Diani sur le côté droit.

Sam Kerr (Australie)

Pour la plupart des fans de football féminin, il est inutile de la présenter. Si Sam Kerr avait joué dans un club comme Lyon la saison dernière, elle aurait surement fini Ballon d’Or. Mais voilà, l’Australienne évolue à l’autre bout de l’Atlantique, à Chicago, où elle régale les fans des Red Stars en tant que véritable machine à buts. Elle fait aujourd’hui indiscutablement partie des meilleures footballeuses de la planète en ce moment.

C’est le genre de joueuses passionnées qui, dès que la saison du championnat américain touche à sa fin, se dirige directement vers celle d’Australie pour ne pas perdre une minute de football dans l’année. C’est d’ailleurs ce qu’elle a fait en 2018 : devenue meilleure buteuse de l’histoire de la National Women Soccer League américaine (55) et de la saison avec 16 réalisations, Kerr s’est envolée vers l’Australie dans son autre club, Perth Glory. Elle y a marqué son 64ème but pour inscrire aussi son nom en tant que meilleure buteuse de la W-League.

Elle n’avait que 17 ans lorsqu’elle a fait ses débuts avec l’Australie au Mondial allemand en 2011. Aujourd’hui, Kerr portera pour la première fois le brassard de capitaine en Coupe du monde cet été pour espérer mener les Matildas (à coups de célébrations « backflip ») au-delà du stade des quart de finales qu’elles ont pour habitude d’atteindre.

Nikita Parris (Angleterre)

Ce n’est pas un hasard si l’Olympique Lyonnais vient tout juste de confirmer la venue de Nikita Parris au sein de son groupe l’année prochaine. Il faut dire que l’Anglaise ne passe pas inapercue. Deuxième meilleure buteuse de la saison avec 19 buts et 7 passes décisives, face aux cages, l’ex-joueuse de Manchester City est surtout la plus prolifique de l’histoire de la Women’s Super League (49 réalisations).

Elle se débrouille plutot bien en équipe nationale aussi. Elle a commencé à faire parler d’elle sur la scène international durant la belle campagne de l’Angleterre à l’Euro 2017 où elle avait marqué le but du 2-1 face au Portugal pour permettre aux Lionesses de se qualifer au tour suivant. Ses frappes puissantes et précises ont même fait du mal aux USA pendant la She Believes Cup. Elle est capable de marquer face à n’importe quelle équipe, et c’est ce qu’elle espère prouver durant la Coupe du monde.

Erin Cuthbert (Ecosse)

C’est la toute première fois que l’Ecosse participe à une Coupe du monde dans son histoire, et elle emène avec elle de quoi inquiéter les autres équipes du groupe D : Erin Cuthbert. Sur un terrain elle se distingue par sa qualité de dribbles et de passes qui en font une attaquante redoutable pour les défenses adverses.

A 20 ans, la jeune joueuse arrivée à Chelsea en 2016 est devenue en moins de 3 ans l’un des pilliers des Blues. Elle a d’ailleurs marqué 8 buts et délivré 5 passes décisives cette saison pour aider son équipe à décrocher la 3ème marche du podium de la Women’s Super League derrière Manchester City et Arsenal.

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Cette année, Cuthbert a été élue meilleure joueuse de son club, a fait partie de l’équipe type du championnat anglais, et aussi de celle de la Ligue des Champions où sa belle reprise de vollée contre l’Olympique Lyonnais en demi-finale a été élue meilleur but de la compétition. Rien que ca.

Asisat Oshoala (Nigeria)

Prêtée par le club chinois Quanjian FC depuis le début de l’année 2019, la Nigériane de 24 ans évolue sous les couleurs de Barcelone après être passée par Liverpool et Arsenal. Oshoala a notamment commencé à se faire réellement remarquer en 2014, lorsqu’elle a été élue meilleure joueuse et buteuse de la Coupe du monde des U-14, et a mené le Nigeria vers 3 succès consécutifs en Coupe d’Afrique des Nations.

Le 19 mai dernier, elle est surtout entrée dans l’histoire en devenant la première Africaine à inscrire un but en finale de la Ligue des Champions, et la première joueuse à avoir marqué pour le Barça à ce stade de la compétition (défaite 4-1 contre Lyon).  

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Ce but ne représente que le sommet de l’iceberg de sa performance durant la finale face à l’OL. Dès son entrée à la pointe de l’attaque à la place de Toni Duggan durant la seconde période, Oshoala a complètement changé la physionomie du match. Elle a apporté de la vivacité à une attaque Barcelonaise endormie depuis le début de la rencontre. Son but est même la preuve qu’elle fait partie du peu d’attaquantes capables de remporter un duel face à Wendie Renard. Le round 2 de ce face à face aura d’ailleurs lieu très bientôt, lors du dernier match du groupe A qui opposera le Nigeria à la France le 17 juin prochain.