Que ce soit le rêve brisé des Bleues, l’impressionnante démonstration des Anglaises ou l’exploit suédois, cette semaine de Coupe du monde nous a apporté son lot de spectacle inattendu. Retour sur toutes les issues des quarts de finale du Mondial.

Norvège 0-3 Angleterre
Buts : Scott, White, Bronze

Parfait. Il n’existe aucun autre mot pour décrire la prestation de l’Angleterre. Les Lionesses ont tout simplement dévorer la Norvège, que ce soit sur le plan technique, tactique ou physique. En défense, avec l’impeccable duo Steph Houghton (capitaine) – Karen Bardsley (gardienne de but), qui ont sauvé toutes les deux de façon héroïque les tentatives de retour norvégiennes à coup de parades et de sauvetages de dernière minute sur la ligne. En attaque, avec une Ellen White qui reste à son plus haut niveau, auteure de son 5ème but du Mondial. Seuls bémols, le second penalty manqué de la compétition par Parris en fin de match, qui s’est heurtée à une gardienne déterminée à garder le score à 3-0, et une Fran Kirby qui n’est toujours pas à 100% de son incroyable potentiel en tant que meneuse de jeu. Mais ce que l’on retiendra surtout de cette rencontre, c’est la pièce maîtresse du jeu anglais. Celle qui rend cette équipe injouable : Lucy Bronze. La latérale de l’Olympique Lyonnais était partout. Non seulement elle a bien couvert son couloir droit défensivement, mais c’est elle qui est à l’origine de chacun des trois buts : une percée dans la défense pour offrir une passe en retrait à Scott, elle est ensuite allée trouver intelligemment Parris qui offre son but à White, et elle a terminé par une frappe magistrale sous la barre transversale. Un but qui a même laissé bouche bée David Beckham, dans les tribunes. Une véritable démonstration collective et individuelle. Avec ce quart de final, on vient de rentrer dans l’âge du Bronze. Et la demi-finale, quant à elle, sera un véritable bras de fer, entre deux nations en or. 
Joueuse du match nommée par la FIFA : Lucy Bronze
Véritable joueuse du match : Lucy Bronze

Le but de Lucy Bronze : 

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See you in Lyon 😛

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France 1-2 Etats-Unis 
Buts : Rapinoe x2 (Etats-Unis), Renard (France)

Les mains sur les hanches. Le regard vide. Les larmes aux yeux. Wendie Renard est restée longtemps debout sur la pelouse du Parc des Princes après la fin du match, avant de jeter d’un coup sa bouteille d’eau. Ces sentiments de frustration et d’impuissance sont logiques, alors que la France vient d’être éliminée de son Mondial et de perdre sa place qualificative aux Jeux Olympiques 2020. Celui qui était annoncé comme « Le Grand Match » par la FIFA, l’a été. Dans le mauvais sens du terme. L’incroyable réalisme offensif, arme fatale des USA, a fait la différence beaucoup trop vite. Morgan et les siennes ont marqué très tôt (5ème minute) sur un coup franc excentré tiré par Rapinoe et passé sous les jambes de toute la défense. Mais les Américaines ont ensuite pour la première fois depuis longtemps été dominées, tombées sur meilleures qu’elles, sur des Bleues enragées en seconde mi-temps après avoir fait jeu égal avec elles en première. La contre-attaque, qui mène au but du 2-0 de Rapinoe, et qui représente la seule action dangereuse des USA après la pause, a surpris tout le monde en mettant fin à une série de temps forts Français. Mais les Bleues ont espéré jusqu’au bout. A l’image de cette tête de Renard qui réduit le score à 20 minutes de la fin sur un coup franc de Thiney. Ou même à l’image de toutes ces accélérations de la révélation Bleue du Mondial, Kadidiatou Diani, dans son couloir droit, et de toutes ces tentatives des Françaises poussées par un public infatigable. On pourrait dire tellement de choses sur ce quart de finale (notamment sur la main flagrante dans la surface de O’Hara, non sifflée par l’arbitre ou le VAR, qui méritait un penalty à la 85ème minute tellement elle était similaire à celle de Saki Kumagai face aux Pay-Bas). Mais les seuls mots importants sont ceux d’Antoine Griezmann dans un Tweet qui résume toute leur aventure : « Vous nous avez conquis ». Merci les Bleues.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Megan Rapinoe
Véritable joueuse du match : Kadidiatou Diani

Italie 0-2 Pays-Bas 
Buts : Miedema, Van Der Graagt

Encore une belle histoire qui s’achève, cette fois pour laisser la place à une autre : c’est celle de la surprenante sélection Italienne qui a échoué dans un quart de final historique et inédit (pour les deux équipes) face à des Néerlandaises qui montent en puissance depuis leur titre européen en 2017.  L’un des noms de ce succès est celui de Vivianne Miedema, devenue meilleure buteuse de l’histoire des Oranje à même pas 23 ans. C’est elle qui trouve la faille, de la tête à 20 minutes de la fin sur un coup franc, dans une rencontre très équilibrée. Jusque là, l’Italie à longtemps peiné face à l’excellente gardienne néerlandaise Sari Van Veenendaal (qui est peut-être l’une des meilleures du Mondial, avec la suédoise Hedvig Lindahl). C’est ensuite sur le même coup franc, de l’autre côté, 10 minutes plus tard, que cette fois Stefanie Van Der Gragt placera sa tête pour anéantir les derniers espoirs d’égalisation de l’Italie. Sous la chaleur pesante du Stade du Hainaut de Valenciennes, la vague orange à refroidi l’Italie, pleine de promesses pour l’avenir, qui rêvait de surfer sur un nouvel exploit. Les Pays-Bas profitent ainsi de leur victoire, mais surtout de la défaite française de la veille pour s’assurer de faire parti des 3 meilleures nations européennes en Coupe du monde obtenant une place qualificative pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Vivianne Miedema
Véritable joueuse du match : Daniëlle Van De Donk

Allemagne 1-2 Suède 
Buts : Magull (Allemagne), Jakobsson, Blackstenius (Suède)

Personne ne s’attendaient à ce qu’elles passent contre le Canada. Et pourtant elles l’ont fait. Personne ne s’attendait à ce que ce soient elles qui éliminent les Allemandes, 2èmes au classement FIFA et parmi les ultra-favorites au titre. Et pourtant, elles l’ont fait. De toutes les équipes désormais présentes dans le carré final, la Suède est celle qui fait « tâche », déjouant tous les pronostics depuis leur victoire en 8èmes face au Canada. Mais ce genre de surprises rendent les Coupes du monde encore plus intéressantes. Aussi intéressante que ce quart de final face à l’Allemagne. Lina Magull avait pourtant rapidement ouvert les hostilités pour l’Allemagne. Sur un beau geste technique, elle a contrôlé dos au but le très bon ballon donné par la future parisienne Sara Daebritz, avant de se retourner d’un coup pour enchaîner avec une volée acrobatique. A ce moment-là, tout semblait normal. Les Allemandes menaient 1-0, mais se sont rapidement fait surprendre par la Suède quelques minutes plus tard. Trouvée dans le dos de la défense sur un long centre, Jakobsson n’avait plus qu’à aller terminer sa course dans l’axe pour ajuster sa frappe croisée, et faire concéder son tout premier but aux Allemandes dans cette Coupe du monde. Tenues en échec, Alex Popp et les siennes ont cru voir une lueur d’espoir lorsque Dzsenifer Marozsan a enfin fait son retour à la mi-temps, ayant loupé 3 rencontres suite à une fracture du doigt lors du premier match. Mais l’arrivée de la star numéro 10 n’aura pas suffi pour donner un coup d’élan aux Allemandes. Jakobsson a fini par trouver la tête de Rolfo sur un centre, et malgré la belle parade de la gardienne allemande, le ballon a attérri directement dans les pieds de Blackstenius qui n’avait plus qu’à le pousser au fond des filets. L’Allemagne ne pourra donc pas confirmer son statut de favorite, et se retrouve aussi privée de défendre son titre de Championnes Olympiques l’année prochaine, par la même équipe qu’elle avait battue en finale à Rio en 2016. Une fin cruelle pour une équipe auteure d’un tournoi parfait, jusqu’à ce match. 
Joueuse du match nommée par la FIFA : Sofia Jakobsson
Véritable joueuse du match : Sofia Jakobsson


Le tableau des demi-finales