Depuis l’annonce du tirage au sort, certaines affiches de quarts de finale étaient déjà dans toutes les têtes. Le Norvège-Angleterre aura bien lieu, mais c’est surtout le France-USA que la plupart des fans attendait depuis des mois. Retour sur toutes les issues des huitièmes de finale de la Coupe du monde.

Allemagne 3-0 Nigeria
Buts : Popp, Dabritz, Schuller

Sans trembler. Sans pression. Sans soucis. L’Allemagne a fait le boulot face au Nigeria. Jamais réellement mises en danger, les joueuses de Martina Voss-Tecklenburg ont maîtrisé la rencontre face aux heureuses rescapées des phases de poules dont la joie immense de la qualification en 8èmes n’aura duré que quelques heures. D’une tête parfaitement bien placée sur corner, la capitaine Alexandra Popp est allée fêté sa 100ème sélection et son 48ème but sous les couleurs allemandes. C’est Sara Dabritz qui est ensuite allée convertir un penalty avant la demi-heure de jeu pour une faute sur Magull validée par le VAR. Schuller a enfin aggravé la marque sur un ballon récupéré dans les pieds de la défense fébrile nigériane. C’est sans surprise que les Championnes Olympiques en titre avancent en quarts de finales en attendant de connaître leur prochain adversaire.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Alexandra Popp
Véritable joueuse du match : Alexandra Popp

Norvège 1-1 Australie (4-1 t.a.b.) 
Buts : Herlovsen (Norvège), Kellond-Knight (Australie)

“La folie des 8èmes de finales a officiellement commencé avec Norvège-Australie”. C’est Alex Morgan, l’attaquante star des USA qui l’a dit elle-même dans un tweet pendant la rencontre. A ce moment, l’Australie venait d’égaliser sur corner direct par le biais de Kellond-Knight. Ce but est arrivé à la 83ème minute, alors que la Norvège menait 1-0 suite à l’ouverture du score de Herlovsen, oubliée par la défense centrale. Entre temps, l’Australie s’est vue refuser un penalty même après visionnage de la vidéo, alors que le ballon semblait avoir été dévié par le haut du bras de Thorisdóttir. Portée par une Caroline Graham Hansen, qui parvient à faire oublier à tout le monde que Ada Hegerberg l’actuelle Ballon d’Or n’est pas présente, la Norvège était à quelques centimètres de reprendre l’avantage. Mais elle s’est heurtée à une Lydia Williams des grands soirs, aidée par les poteaux de ses cages. De l’autre côté du terrain, Sam Kerr, qui distribuait les ballons, enchaînait les efforts défensifs et les tentatives pour marquer du pied comme de la tête, a eu du mal toute seule à faire briller son équipe. C’est surement la fatigue, ou la pression de devoir porter constamment les Matildas en tant que capitaine, buteuse et superstar, qui lui ont fait complètement manquer le tout premier penalty de son équipe lors de la séance de tirs aux buts. Comme un symbole, après l’échec de Kerr, l’Australie semblait déjà définitivement condamnée. D’un côté c’est le collectif impressionnant de la Norvège qui l’emporte, et de l’autre c’est le talent immense et exemplair d’une icône qui quitte la compétition. De quoi déchirer en deux le coeur des fans de football.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Caroline Graham Hansen
Véritable joueuse du match : Caroline Graham Hansen

La citation du match : “Seuls les grands joueurs loupent leur penaltys, parce que les petits joueurs n’osent pas les tirer.” C’est ce que l’entraîneur de l’Australie, Ante Milicic a glissé à l’oreille de Sam Kerr, sa capitaine malheureuse, juste après la rencontre.

Angleterre 3-0 Cameroun
Buts : Houghton, White, Greenwood

La “folie des 8èmes” continue. Mais cette fois-ci dans un autre registre. Les Camerounaises n’ont pas su contenir leurs rage durant cette rencontre incroyable. Elles venaient d’encaisser un but sur un coup franc tiré dans la surface de réparation (suite à une passe en retrait captée à la main par la gardienne camerounaise) signé Steph Houghton. Conscientes de leur erreur d’inattention, elles se sont rapidement remises dans le match. Mais juste avant la pause, elles en ont encaissé un nouveau. Celui-là, en revanche, a eu beaucoup de mal à passer. Signalée hors-jeu dans un premier temps par l’arbitre de touche, Ellen White, réceptionnant une superbe passe de Lucy Bronze dans le dos de la défense, ne l’était finalement pas après visionnage des images. Le but du 2-0 a alors été accordé, mais les Lionnes Indomptables ont argumenté pendant plusieurs minutes avec l’arbitre, refusant cette décision. Le summum de leur frustration est arrivé en début de seconde période. Ajara Nchout pensait avoir réduit l’écart à 2-1. Le VAR en a décidé autrement : la passeuse décisive, Enganamouit, était bien hors-jeu. Les camerounaises ont alors explosé, refusant de poursuivre la rencontre, alors que le ballon était en jeu et que les Anglaises, qui sont restées très calmes et professionnelles, auraient pu marquer un autre but. En pleurs, Nchout et ses coéquipières ont repris le match, pour encaisser quelques instants plus tard le but du 3-0. La domination anglaise était incontestable, même si les camerounaises en garderons un goût amer d’injustice.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Steph Houghton
Véritables joueuses du match : Steph Houghton et Lucy Bronze

La frustration camerounaise envers l’arbitre clairement montrée durant la rencontre : 

France 2-1 Brésil 
Buts : Gauvin, Henry (France), Thaisa (Brésil)

C’est le genre d’émotions que l’on recherche dans une Coupe du monde. De la peur. De l’angoisse. De la déception. Une immense joie. C’est par tous ces états que sont passés les fans français durant ce 8ème de finale face au Brésil. Annoncée comme étant fébrile défensivement, cette sélection sud-américaine a posé beaucoup de difficultés au 4-4-2 pourtant très porté vers l’offensive de Corinne Diacre. Dans une rencontre rythmée par de nombreuses fautes et maladresses, les Bleues pensaient avoir débloquer le match avant la demi-heure de jeu quand Gauvin marque de la tête. Mais l’attaquante montpelliéraine verra son but refusé après visionnage des images : elle commet une « faute » sur la gardienne. Valable ou non, l’explication aura suffit pour que les Bleues aient besoin de la pause pour se remettre dedans, et pour que Gauvin trouve cette fois le fond des filets pour de bon. C’est ensuite l’égalisation de Thaisa qui fera douter la France et emmènera les deux équipes jusqu’aux prolongations. Alors que les tirs aux buts s’approchaient à grand pas, Griedge Mbock sauve sur sa ligne de but un tir suite à une percée de Debinha. Un geste salvateur en défense auquel répondra sans tarder Amandine Henry. A la 105ème minute, la capitaine des Bleues marque le but de la victoire en reprenant un coup franc de Majri, et libère toute l’équipe d’un poids immense et de la peur de quitter leur Mondial trop tôt. Place au vrai test maintenant. Celui qui fait encore plus peur : les Championnes du monde en titre.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Amandine Henry
Véritable joueuse du match : Amandine Henry et Sarah Bouhaddi 

La petite anecdote : Henry qui marque le but de la victoire face au Brésil en Coupe du monde, reprenant un coup franc du numéro 10. Ce n’est pas seulement le scénario des Bleues avec le but d’Amandine Henry et la passe d’Amel Majri. C’était aussi celui de 2006, chez les hommes. En quart de finale face à la Seleçao, Thierry Henry a qualifié les Bleus en plaçant parfaitement son pied pour venir couper le ballon donné par Zinedine Zidane sur coup franc. Vu la finale de 2006, on espère que les similarités entre les deux s’arrêterons la. 

La citation du soir : “Il faut en vouloir plus que les autres. S’entrainer plus. S’occuper plus de soi-même. Être prête à jouer 90 minutes puis 30 de plus. C’est ce que je demande aux filles aujourd’hui. Formiga n’est pas éternelle, Marta non plus, et Cristiane non plus. L’avenir du football féminin dépend de vous pour survivre. Alors pensez-y. Donnez lui encore plus de valeur. Pleurez au début pour pouvoir sourire à la fin.” En pleurs, c’était l’appel très émouvant de l’attaquante brésilienne légendaire Marta en toute fin de rencontre, lancé à toutes les femmes pour les motiver à continuer de faire vivre le football féminin. 

Espagne 1-2 Etats-Unis
Buts : Rapinoe x2 (Etats-Unis), Hermoso (Espagne)

Tout le monde a peur des Américaines. Depuis leur surréaliste 13-0 contre la Thaïlande. Depuis que leur équipe de remplaçantes a malmené le Chili. Depuis qu’elles n’ont même pas fléchi face aux Suédoises. Les Etats-Unis arrivaient dans ce 8ème de finale avec, selon les propos de la défenseure Ali Krieger, “la meilleure équipe, et la deuxième meilleure équipe” du monde. Mais ce n’est ni l’une ni l’autre qui s’est présentée face à l’Espagne. Au contraire, ce sont les failles de leur défense centrale et les maladresses de leur gardienne Alyssa Naeher qui ont permis à Jenni Hermoso de leur faire encaisser leur tout premier but de la compétition. Pour la première fois depuis longtemps, cette équipe a peiné à trouver de la créativité et de l’inspiration en attaque, ce qui est pourtant leur point fort habituel. C’est même grâce à deux penaltys (convertis par Megan Rapinoe, dont le deuxième, celui de la victoire, a dû être confirmé par le VAR) que les USA sont passés contre une équipe d’Espagne très physique et dynamique. Cette rencontre soulève beaucoup d’interrogations du côté des Américaines, mais malgré tout, l’USWNT a décroché dans la douleur sont tant attendu ticket pour Paris, à l’occasion d’un choc qui aura des saveurs de finale. 
Joueuse du match nommée par la FIFA : Megan Rapinoe
Véritable joueuse du match : Samantha Mewis

Suède 1-0 Canada
But : Blackstenius 

“Heartbreaking” comme diraient les Canadiens. Voir les larmes de la légende Christine Sinclaire au coup de sifflet final a de quoi briser le coeur de tous les fans de football. Après la tristesse, vient la frustration et l’incompréhension. Pourquoi ce n’était pas la capitaine emblématique, aux 182 buts en sélection, qui est allée tirer ce penalty en toute fin de rencontre ? A ce moment, le Canada était mené 1-0 suite à un caviar de passe signé Asllani pour Blackstenius qui a profité de la sortie douteuse de Stéphanie Labbé pour ouvrir le score en deuxième mi-temps. Pourtant les Canucks contrôlaient cette rencontre. Les seules contre-attaques suédoises étaient stoppées par une excellente Buchanan en défense. A la 70ème minute, lorsque l’arbitre a confirmé une main suédoise dans la surface de réparation et indiqué le point de penlaty, tout le Parc des Princes s’attendait à ce que ce soit Sinclaire qui aille le convertir. Mais la capitaine canadienne a préféré laisser le ballon à Beckie, gardant en tête la séance de tirs aux buts en petite finale de l’Algarve Cup, durant laquelle cette même gardienne suédoise lui avait stoppé son penalty. Hedvig Lindahl a finalement sauvé son équipe à 20 minutes de la fin, et conservé, d’une belle parade, le score qui mène la Suède à un quart de finale face à l’Allemagne.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Hedvig Lindahl
Véritable joueuse du match : Hedvig Lindahl

Italie 2-0 Chine
Buts : Giacinti, Galli

L’Italie continue sa belle aventure. Face à la Chine, elle a montré qu’elle pouvait être une équipe complète pouvant faire peur aux plus grandes nations. D’entrée de jeu, l’attaque Azzuri était bien partie, se voyant refuser un but sur hors-jeu, puis accordé un autre de la même joueuse, Giacinti. Entre temps, la Chine a largement pris le dessus et s’est projetée de plus en plus dans le camp Italien, sans réellement faire trembler la gardienne Giuliani. Le manque de réalisme, faiblesse principale de cette équipe chinoise qui n’a inscrit qu’un seul petit but durant toute la compétition, a vu la sélection asiatique enchaîner les actions sans jamais réussir à les conclure. La Chine aurait toutefois pu bénéficier d’un penalty sur un contact de Sara Gama, dont le crampons touchent la tête de Wang Shuang, qui s’était baissée pour reprendre le ballon dans la surface de réparation. Mais l’arbitre et le VAR en ont décidé autrement. Cerise sur le gâteau, le deuxième but Italien de la “super-sub” Aurora Galli entrée en seconde mi-temps, elle qui a marqué 3 buts durant cette compétition en tant que remplaçante. 20 ans après leur dernière Coupe du monde, l’Italie fait l’exploit de se qualifier en quarts de finales.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Valentina Giacinti
Véritable joueuse du match : Valentina Giacinti

Pays-Bas 2-1 Japon
Buts : Martens x2 (Pays-Bas), Hasegawa (Japon)

C’était peut-être l’issue la plus cruelle possible. Certes les Pays-Bas ont montré de la détermination et du beau jeu, dominant toute la première mi-temps à l’image de cette superbe talonnade de Lieke Martens en reprenant un corner (1-0). Mais toute la seconde mi-temps, c’est le Japon qui s’est montré le plus méritant. Les Nadeshiko se sont réveillées juste avant la pause, grâce à un but très bien construit terminé par Hasegawa, et n’ont fait que pousser au retour des vestiaires. Le football qu’elles proposaient était quasi parfait : des superbes dédoublements, de belles actions bien menées, des sorties de pression millimétrées, des unes-deux… bref, du très beau jeu. Tout ce qui leur a manqué était un peu de réussite. Les Japonaises ont trouvé par deux fois le montant des buts de Sari Van Veenendal (une fois la transversale et une fois le poteau). La rencontre semblait aller tout droit vers les prolongations quand, sur une contre-attaque néerlandaise, l’impensable arriva : l’iconique capitaine japonaise Saki Kumagai a vu une frappe heurter le haut de son bras, presque collé à son corps, offrant ainsi un penalty aux Oranjes à la 89ème minute. Un penalty calmement transformé par Martens, qui d’un côté qualifie les Pays-Bas pour un premier quart de finale historique, et de l’autre a brisé le coeur d’une très belle équipe japonaise ayant offert l’un des plus beaux spectacles de la Coupe du monde pour l’instant. On retiendra surtout cette image émouvante, en fin de match, de la Néerlandaise Shanice Van de Sanden, les larmes aux yeux, consolant sa coéquipière de l’Olympique Lyonnais, la capitaine japonaise Saki Kumagai, pendant de longues minutes.
Joueuse du match nommée par la FIFA : Lieke Martens
Véritable joueuse du match : Sari Van Veenendaal 

La citation du soir : « Je pense que le Japon était la meilleure équipe ce soir. Mais je pense que si les Pays-Bas peuvent remporter ce genre de matchs, durant lesquels vos adversaires ont les meilleures occasions, cela prouve à quel point cette équipe a progressé durant ces dernières années. Je pense que si on peut battre une équipe aussi forte que le Japon, qui était finaliste il y a quatre ans… alors toutes les autres équipes devraient avoir peur de nous. Les Néerlandaise ont ce qu’il faut pour aller jusqu’au bout !” Les mots de l’ancienne joueuse des Pays-Bas, Kirsten Van de Ven, aujourd’hui à la tête de la fédération néerlandaise de football. 


Le tableau des quarts de finale :